Dominique Sainte Lucie 2025 par Romain G.

Dominique, nique, nique, chantait cette pauvre sœur Sourire. Soucieux d'échapper à la folie furieuse qui agite Paris en cette fin juillet 2024, en pleine période de Jeux Olympiques, c'est en effet vers les Antilles que nous avons fui pour passer ces quinze jours de folie mondiale ! Après deux plongées sur le Diamant, en Martinique, hop, c'est par l'Express des Îles que nous rejoignons le groupe en Dominique.
Après des siècles de règne colonial, la Dominique a su se forger une identité propre, avec une culture riche qui se manifeste par ses traditions, ses fêtes populaires et son environnement naturel préservé. Ce séjour promettait des découvertes fascinantes, tant sous l'eau que sur terre, où chaque recoin de l'île révèle ses secrets.
Nous serons neuf sur cette sortie, rejoints bientôt par une locale de l'étape, amie de Pascalou.
Le séjour débute dans la région nord, à Portsmouth. Cabrit est un petit centre de plongée tenu par un couple français, que nous apprendrons plus tard être issu de JAM, notre club de Montreuil. Nous séjournerons dans un petit hôtel quasi familial, à la vue panoramique et imprenable, doté d'une petite piscine de "dessalage", proche du centre de plongée. Bref, ambiance familiale et amicale pour ce séjour au nord où nous aurons l'occasion de fêter l'anniversaire de Lapin devant un gros gâteau fait "maison".
Une révélation ! Plongées étonnantes, car je ne m'attendais pas du tout à ce type de faune, aussi riche que dense. Et surtout, je retrouve mes chers "frogfishes" jaunes, rouges, experts en dissimulation – mais pas seulement ! Je suis toujours fasciné par les éternelles et magnifiques éponges barriques, tubulaires, les coraux fouets, les gorgones arborescentes. Toute la faune antillaise est bien sûr présente : langoustes, murènes, poissons-scorpions nichés sur et dans les éponges barriques que Denis se fait un plaisir de déloger. Je garde surtout le souvenir d'une inoubliable plongée de nuit, effectuée en très petit comité avec Lapin, où nous découvrîmes un banc de micro-seiches, puis de petits calamars et seiches virevoltants dans la lumière de nos lampes, des langoustes courant sur le sol, d'énormes crabes rouges invisibles de jour, de minuscules crabes des gorgones, des cigales de mer en pleine eau, etc.



Les dîners dans des "bouis-bouis" ou paillotes, où nous testions les différents rhums plus ou moins bien arrangés, nous ont laissé de bons souvenirs. Mais le pompon revient à ce cocktail très "local". Il contenait aussi de l'alcool, mais surtout d'autres résines inavouables qui laissèrent Marie-Pierre sur le carreau, après nous avoir révélé une facette inconnue de sa personnalité.
Trop court séjour en Dominique Nord, que nous quittâmes après quatre jours pour traverser l'île du nord au sud, en passant par de délicieuses cascades et des bains volcaniques bouillonnants et soufrés, afin de découvrir les sites de la Dominique Sud.
Au sud, l'accueil du centre Nature Island Diving est plus anglo-saxon et, pour ainsi dire, un peu "rigide". Très bonne organisation, il est vrai, un tantinet militaire même, dirigée par l'adjudante "Désirée" – pas si bien nommée –, que nous réussirons à évincer, rendant notre séjour plus convivial. L'hôtel, le Jungle Bay Resort, est en effet une merveille, doté de bungalows charmants éparpillés dans la jungle et muni de deux belles piscines, fort agréables malgré les nombreuses averses habituelles sous ces tropiques. Son seul défaut : être situé loin du centre de plongée et du village de Scotts Head, que nous devions rejoindre en taxi.
Une caractéristique remarquable du centre de plongée Nature Island Diving était son élevage de corail, ainsi que le soin apporté au respect et à la protection des coraux. En effet, les coraux étaient atteints d'une pathologie infectieuse bactérienne que nos guides traitaient par des applications d'une pâte d'amoxicilline soigneusement appliquée à la seringue. De même, notons à leur crédit la désinfection méticuleuse du matériel de plongée, afin de ne pas contaminer les autres sites visités lors de la suite du voyage. Captain America participera à la sauvegarde des coraux !


Les plongées, superbes, furent peu différentes en faune de celles de la Dominique Nord, si ce n'est les traces visibles du volcanisme actif de la Soufrière, sous la forme de milliers de bulles s'échappant du sol, notamment dans le site nommé – on se demande pourquoi – "Champagne Reef" !
Dîners au village dans un restaurant très "local", mais servant de délicieuses langoustes, dans une ambiance incroyable le soir de la victoire olympique en triple saut de la championne dominiquaise Thea Lafond (née à Roseau), championne du monde en salle à Glasgow en 2024 et championne olympique à Paris la même année. Un délire !
Direction Sainte-Lucie : après un laborieux débarquement sur l'île, gâché par des formalités administratives aussi rébarbatives qu'inutiles, et des contrôles douaniers pseudo-méticuleux, interminables et inefficaces – comme en témoigne le régime de bananes transporté sans encombre par ce forcené de Pascalou –, le séjour se conclura par six plongées réalisées à Sainte-Lucie, au centre de plongée de l'hôtel Anse Chastanet.
Très bel hôtel situé sur la marina, les départs en bateau nous permettaient de passer devant les somptueuses demeures alignées le long de l'anse, contrastant clairement avec le faible niveau de revenu des habitants de l'île…
Quelques jolies plongées, dont une belle épave, beaucoup de poulpes, des murènes, et fait étonnant : beaucoup de chevaliers ponctués.


Très clairement, les plongées à Sainte-Lucie ne sont guère différentes de celles de la Dominique, voire un peu moins riches. L'île est moins séduisante, plus touristique et moins "nature" que la Dominique, qui m'a profondément séduit. Franchement, les formalités pour y parvenir me dissuadent d'y retourner.
Encore un coup de chance : nous étions à Sainte-Lucie lorsque la sprinteuse Julien Alfred remporta la première médaille de l'histoire du pays, avec l'or sur le 100 mètres en 2024. Nous avons donc connu les joies de l'Olympisme sans en subir l'hystérie !
Bref, la Dominique, on y retournera !
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