Oman 2025 par Olivier J.

Cette réflexion existentielle (et fataliste) de deux plongeurs PAEC, sur le pont de notre bateau au jour 1 de notre croisière à Oman, résume bien ce voyage : ce fut une sortie plongée placée sous le signe de la philosophie et des pensées profondes ! Une semaine plutôt intello. 

Donc, avant de passer au dit voyage, ci-dessous quelques citations-réflexions de haute volée (pas toujours compréhensibles hors contexte), au cours de cette semaine dans le détroit d'Ormuz :

– « Si tu ne mélanges pas les aliments dans ton assiette, est-ce que tu fais caca par strate ? » (un docteur-zident, qui souhaite garder l'anonymat),
– « Où les chauves cachent-ils leurs agrafes s'ils font un lifting ? » (Discussion entre trois chauves, manifestement anxieux),
– « Une bouteille, ça fait six verres, et six verres, ça va vite » (un Belge),
– « J'en ai qu'une petite et pas très puissante. » — « Essaie la mienne, elle est plutôt large » (benchmark de lampes, avant une plongée de nuit),
– « Pour ma ride verticale, tu conseilles du botox ou de l'acide hyaluronique ? » (Recherche de conseils entre copines branchées esthétique),
– « Contrairement aux apparences, il n'est pas facile à enfiler » (Compliment ou reproche, sur moi ou sur mon wetsuit, je n'ai jamais su…),
– « Des fois, je fais du Grindr, juste pour boire un verre, je ne couche pas forcément. » — « Ah, tiens, il faudrait que j'essaye » (Deux OVNI),
– « J'adore ton paréo. » — « Le tien aussi est très sympa » (Deux chiffonnières),
– « Tu as vu ? Elle se vautre sur les coraux et arrache tout quand elle prend ses photos… Il faudrait vraiment lui dire. » — « Oh, tu sais, c'est rien à côté des ancres de bateaux » (Deux plongeurs soucieux de l'environnement… et fatalistes),
– « Mais un bukkake, c'est forcément japonais ? » (Un débutant, qui se renseigne « pour un ami »),
– « Aujourd'hui, la mer est d'huile… comme mon ventre » (Un dépressif),
– « Lors d'un précédent voyage, on m'avait mise qu'avec des premières bulles, j'avais les boules » (Une plongeuse chevronnée),
– « On m'a signalé une plage gay, ça se br…le dans les vagues le soir. J'vais y retourner » (Denis Pr., explorateur pour Échappées Belles).

Bref, vous l'aurez compris, un festival de bons mots, une farandole de réflexions profondes, une ribambelle de facéties… parfois intello, souvent de bon goût, et toujours bienveillants !

Pourquoi une telle réussite intellectuelle ? La diversité, évidemment ! En effet, notre équipe PAEC de 16 personnes, par sa richesse et la complémentarité de ses profils, a contribué à faire de ce voyage un succès, pas seulement sportif… Quelques statistiques illustrant cette variété :

– 3 femmes, 12 hommes, 1 Breton ;
– 1 Ibère d'Espagne, 2 Belges, 12 Français, 1 Breton, venant de Lille, Lyon, Rabat, Lorient, Bruxelles et Paris/Île-de-France ;
– Âge : de 35 à 72 ans (donnant une moyenne de ~28 ans ½ sur Grindr) ;
– Certifications allant du Niveau 1 à MF2, avec une expérience de 18 à plus de 5000 plongées pour les encadrants ;
– Nombre de voyages PAEC : première fois pour quatre d'entre nous… jusqu'à plus de 150 pour les plus assidus/encadrants ;
– Nombre de fois à Oman : la plupart (10) venaient pour la première fois… mais, pour certains, c'était la deuxième… voire huitième fois, signe que c'est une valeur sûre !
– Équipement : de la simple souris (+ caleçon) à la combi 7 mm. 

On me souffle à l'oreillette que je dis verge… 

Donc arrivons enfin à l'objet de cette « brève », c'est-à-dire le voyage PAEC en croisière plongée à Oman du 4 au 10 mai 2025 :
Cela commence par Dubaï ! La fine équipe PAEC est arrivée en décalé, au minimum la veille du départ, des Emirats, de Bretagne ou des Maldives. Cela a permis de « visiter » Dubaï. 

Bon, on ne va pas se mentir, Dubaï, « il faut le voir », mais ce n'est pas forcément Waouh pour tout le monde. Le combo Los Angeles–Disney–Las Vegas sur quelques km² dans le désert, avec autoroutes à 2 × 7 voies en centre-ville, succession de centres commerciaux climatisés, gratte-ciel en perpétuelle construction… tout cela par 40 °C à l'ombre : ça peut être bof bof. 

Cela dit, il y a quelques « trucs » à voir : la Burj Khalifa, le récent Musée du futur, l'aquarium, la Marina, la plage de Kite Beach (pas pour la plage, assez quelconque, mais pour quelques beaux spécimens aux abdos trop artificiels pour être honnêtes) … jusqu'à la réserve de flamants (avec un « t », pas les Belges) roses dans le désert (excursion testée par un certain Jérémy C., pour préserver son anonymat, car il préfère que l'on ne sache pas qu'il y est allé). 

Un bon point pour les arrêts de bus climatisés (qui offrent un répit mérité dans la fournaise émiratie) et le métro, hyper efficace, climatisé et super propre. On pourrait y manger par terre (ce qui est moins recommandé dans le métro de Paris ou de Lorient). Bref, Dubaï, 24–48 h suffisent. 

Pourquoi commencer par Dubaï, alors qu'on va à Oman ? Bonne question !
…Parce que nous allions à Dibba-Al-Fujairah, dans le gouvernorat de Musandam (les plus curieux ou déjà érudits constateront que le sultanat d'Oman est en deux parties, dont une enclave au nord, au sein des Émirats arabes unis, et c'est de là que nous partions). 

Donc, techniquement, pour aller à notre port d'embarquement omanais, c'est environ trois heures de route depuis Dubaï, dans le désert (plutôt joli), jusqu'au poste frontière… 

Ah, le poste frontière… SÉQUENCE ÉMOTION ! Pas seulement pour l'infrastructure (en plein désert, un poste frontière géant, flambant neuf, voire high-tech), mais pour l'accueil omanais… Des douaniers miam, de très beaux barbus, au poil noir et soyeux, moquette apparente, parfois maquillés d'un léger trait de khôl, nous ont tamponné (les passeports) et ausculté (les bagages) … Pour les plus sensibles (affamés ?) et ouverts aux autres cultures d'entre nous, ce fut un moment fort en émotion, avec de discrets « ohhh », « ahhh », « ouah… » qui fusaient, en admiration devant cette testostérone affriolante. Vraiment de premiers beaux contacts visuels avec la population…  

Puis, côté Oman, à 2–3 km de la frontière avec les Émirats, le port et notre bateau nous attendaient. Un bateau traditionnel en bois de huit cabines climatisées avec douche, un grand carré climatisé pour les briefings (et siestes, et discussions philosophiques), une grande aire de repos ombragée à l'avant, dans une ambiance orientale, et un pont supérieur pour les repas en plein air et la bronzette. Ainsi que deux bateaux suiveurs : un pour nous emmener sur les sites de plongée, et un pour aller à terre regonfler les bouteilles sur le continent (car pas de compresseur sur le bateau). 

Un équipage de sept personnes, venant des Philippines, d'Inde, du Bangladesh et du Pakistan. 

Et les plongées ? Outre une visi parfois moyenne, le pied ! Une eau à 30 °C (avec quelques thermoclines à 28 °C à 20 m), des coraux et des poissons partout. Au cours de ces 16 plongées (14 de jour + 2 de nuit) 100 % Nitrox, nous avons vu murènes, platax, requins léopards ou pointe noire, dauphins, tortues, hippocampes (… de 20–25 cm ; même si ce n'est pas la taille qui compte, à dire d'expert, au-dessus de 20 cm, ça commence à être intéressant…), ou autres bancs de poissons, combos anémones-clowns et autres grosses moules, etc. 

Ils y étaient tous ! Tout cela dans une foison de coraux, de patates et de tombants. Vraiment de très belles plongées ! Et, entre chaque plongée, de super repas en mode buffet, des siestes réparatrices et des discussions intellectuelles endiablées, dont les commentaires sur la nomination de Léon XIV annoncée pendant notre séjour (bien qu'il n'y ait pas de relation de cause à effet — a priori — avec le voyage PAEC). 

Phénomène surprenant les deux premiers jours : alors que, malgré l'épisode caniculaire qui régnait sur le continent, l'air en mer était agréable et supportable, avec un léger vent… vers 20 h 30, « sans préavis », un vent chaud (vraiment chaud, hein !) se mettait à souffler, comme si l'air brûlant emmagasiné dans le désert durant la journée se vidait sur la mer, comme si on mettait le chauffage à fond et qu'on ouvrait la porte du four. Surprenant (et pas désagréable) ! 

Vus de la mer, les paysages terrestres des côtes étaient superbes (et secs !). Un mix de falaises et de rochers déchiquetés, et de petites baies pour mouiller (l'ancre), le soir. Des paysages lunaires au bord de la mer, vraiment très beaux, un peu comme certaines Cyclades, sous un soleil magnifique. Des bouts d'îles isolées, quasiment sans végétation et sans animaux, à part une biquette esseulée aperçue dans les rochers. 

Quelques-un(e)s d'entre nous sont descendu(e)s brièvement à terre à Limah, petite ville côtière dans le désert. Sympa, jolies mosquées, de beaux barbus et de jolies femmes (voilées), mais toujours pas d'alcool dans les supérettes, au grand dam de certains. Car oui, ce fut une semaine de Dry Diving. 

Puis, après en avoir pris plein la vue pendant une semaine, re-passage du poste frontière (miam ! slurp !) pour revenir à Dubaï. Un process inédit, cette fois : notre bus entier (avec nous dedans !) est passé dans une sorte d'énorme portique à rayon X, pour scanner nos bagages et éventuels objets dangereux. À noter qu'aucun Prince Albert ou sonotone n'a bipé. 

Retour sur Dubaï, avec certains qui reprenaient leur vol dans la foulée, et d'autres dans la nuit après quelques heures en ville. Certains avaient pris des hôtels en day use pour se rafraîchir au bord de la piscine (ou pour utiliser la chambre… pas forcément pour dormir). Pendant que les plus chanceux(ses) prolongeaient leur séjour de quelques jours, voire continuaient leurs vacances dans la région. 

Bref, un TRÈS beau voyage, très réussi, tant en termes d'organisation/logistique (merci Denis !), de plongées, de séjour en bateau… que de météo, de paysages ou de découverte rapide d'Oman. 

Lors du traditionnel débrief collectif en fin de voyage, la critique était unanime : À REFAIRE !